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Visiter Sanur : le guide de la station zen de Bali

sanur

Vous avez entendu parler de Kuta et de ses nuits sans fin, de Seminyak et de ses cocktails à 15 euros, de Canggu et de ses cafés remplis d’ordinateurs portables. Vous connaissez cette Bali-là. Mais il existe une autre version, plus discrète, moins mise en scène, celle que les voyageurs pressés traversent en voiture sans jamais s’arrêter. Sanur, c’est la Bali qu’on cherche depuis le début, et qu’on découvre souvent trop tard dans son itinéraire.

Sanur, la station que Bali a protégée du chaos

Située sur la côte sud-est de Bali, à environ 25 minutes de l’aéroport international Ngurah Rai, Sanur fut la première station balnéaire haut de gamme de l’île, développée dès les années 1960. C’est ici qu’a été construit le Bali Beach Hotel en 1966, financé par des capitaux japonais, premier hôtel de standing international de Bali, rebaptisé depuis Inna Grand Bali Beach. Ce bâtiment de dix étages a d’ailleurs cristallisé une polémique fondatrice : il dépassait la hauteur maximale autorisée par la tradition balinaise.

Cette controverse a eu une conséquence durable. Les habitants et prêtres locaux ont imposé une loi désormais emblématique : aucune construction à Sanur ne peut s’élever au-delà de la hauteur d’un cocotier, soit environ 15 mètres. Résultat visible aujourd’hui : pas de tours, pas de barres d’immeuble, pas d’hôtels qui écrasent le paysage. Sanur s’est développée à l’horizontale, dans la végétation, avec une identité résidentielle, familiale et profondément balinaise. Ce n’est pas une destination qui cherche à épater. C’est une destination qui a choisi de rester elle-même.

La promenade en bord de mer : 5 km pour ralentir

La promenade côtière de Sanur s’étire sur près de 5 kilomètres, pavée, ombragée, longée de frangipaniers et de banians centenaires. On peut la parcourir à pied, à vélo, ou simplement s’y asseoir au lever du soleil avec un café acheté à un warung encore endormi. C’est l’un des rares endroits à Bali où la plage se vit à l’aurore, face au détroit de Lombok, dans une lumière rasante et silencieuse.

Sur le sable, des jukung, ces bateaux de pêche traditionnels aux couleurs vives à balancier, sont tirés à sec entre deux marées. Des offrandes de fleurs et d’encens sont posées au pied des arbres, reposées chaque matin avec une régularité tranquille. Ici, on ne cherche pas à vous vendre quelque chose à chaque pas. La promenade appartient à tout le monde : aux pêcheurs qui rentrent, aux familles qui se promènent, aux voyageurs qui ont compris qu’on peut rester des heures à ne rien faire d’autre que regarder.

Les plages de Sanur : lesquelles choisir selon l’envie

Aspere, CC0, via Wikimedia Commons

Sanur ne se résume pas à une seule plage. Sur les 5 kilomètres de côte, plusieurs secteurs ont chacun leur caractère. Il faut quand même être honnête : ce n’est pas une plage de surf. Les récifs coralliens qui bordent le littoral cassent les vagues et maintiennent une eau calme, idéale pour nager, pagayer ou simplement se baigner les pieds. En revanche, les marées jouent un rôle important : à marée basse, l’eau peut se retirer très loin, laissant parfois une étendue de sable découvert peu propice à la baignade. Renseignez-vous sur les horaires avant de programmer votre séance de natation.

Voici les principales plages de Sanur, selon l’ambiance recherchée :

  • Sindhu Beach : la plus centrale, animée par un marché nocturne et des restaurants proches. Familiale, ombragée, avec des transats disponibles à la location.
  • Karang Beach : plus étroite, avec des gazebos en bois face à la mer. Idéale pour le snorkeling débutant grâce à ses eaux peu profondes et claires.
  • Mertasari Beach : au sud, plus sauvage, peu fréquentée par les touristes. Un bon spot pour les sports nautiques comme le stand-up paddle ou le kitesurf.
  • Semawang Beach : préservée, calme, avec un sable clair et des cafés discrets en bordure. C’est également le point de départ des fast boats vers Nusa Penida.

Ce qu’on ne voit pas depuis la plage : le vieux village de Sanur

Beaucoup de voyageurs ne quittent jamais le front de mer. C’est compréhensible, mais c’est passer à côté de l’essentiel. À quelques centaines de mètres de la plage, le vieux village de Sanur déroule ses ruelles ombragées, ses murs de latérite rouge, ses pura familiaux (temples domestiques) entourés de jardins foisonnants. On entend les gamelans répéter en fin d’après-midi. L’architecture est celle d’une Bali intacte, à peine effleurée par le tourisme de masse.

C’est dans ce village que se trouve l’une des adresses culturelles les plus singulières de la région : le Musée Le Mayeur. Il s’agit de la villa-atelier d’Adrien-Jean Le Mayeur de Merpres, peintre belge né à Bruxelles en 1880, arrivé à Bali dans les années 1930 alors que Sanur n’était encore qu’un paisible village de pêcheurs. Il y tomba amoureux de Ni Pollok, jeune danseuse balinaise qui devint sa femme et sa muse principale. Ses toiles, représentant la vie balinaise dans des tons chauds et vibrants, se négocient aujourd’hui au-delà du million de dollars sur les marchés asiatiques. La maison, construite dans un style balinais traditionnel, abrite plus de quatre-vingts œuvres et ouvre un pan de l’histoire de Sanur que peu de guides prennent la peine de raconter.

Les activités à Sanur : entre mer calme et culture vivante

Sanur ne propose pas les adrénalines de Kuta ni les sorties techno de Seminyak. Ce qu’elle offre est d’un autre ordre : des activités ancrées dans le rythme de l’île, accessibles sans se ruiner, agréables sans être épuisantes. On peut y passer plusieurs jours sans jamais s’ennuyer, à condition de ne pas chercher à tout cocher.

Parmi les activités à envisager selon votre voyage :

  • Stand-up paddle : les eaux calmes de Sindhu Beach en font un terrain idéal, même pour les débutants.
  • Snorkeling sur le récif : accessible directement depuis la plage, sans embarcation, notamment à Karang Beach.
  • Bali Seawalker : une marche sous-marine équipée d’un casque pressurisé, sans avoir besoin de savoir plonger. Une expérience rare proposée à Sanur.
  • Cours de cuisine balinaise : plusieurs adresses proposent des ateliers en matinée avec visite du marché local incluse.
  • Location de vélo : le meilleur moyen d’explorer Sanur et ses environs, pour quelques euros par jour.

Si vous voyagez entre juillet et août, ne manquez pas le Bali Kite Festival, organisé sur la plage de Padang Galak, juste au nord de Sanur. C’est un festival international annuel où des équipes de villages balinais (les banjar) font voler des cerfs-volants géants, certains atteignant 10 mètres de long pour 4 mètres de large. L’événement est d’abord religieux, pensé pour envoyer un message de gratitude aux dieux hindous pour les récoltes à venir, mais il attire des équipes du monde entier et se double d’un orchestre de gamelan traditionnel. C’est l’un des grands festivals de cerfs-volants d’Asie, et pourtant il reste absent de la plupart des guides généralistes.

Sanur, porte d’embarquement vers Nusa Penida et Nusa Lembongan

Soyons honnêtes : beaucoup de voyageurs “découvrent” Sanur parce qu’ils y passent la nuit avant de prendre un bateau. Le port de Sanur est le principal point de départ vers Nusa Penida et Nusa Lembongan, deux îles situées au sud-est de Bali qui attirent des visiteurs du monde entier pour leurs fonds marins et leurs paysages spectaculaires. La traversée en fast boat dure entre 25 et 45 minutes selon la compagnie et la destination, avec des départs qui s’étalent de 7h30 à environ 15h30 tous les jours. Les tarifs oscillent entre 5 et 13 euros pour un aller simple vers Nusa Penida. Les billets s’achètent directement sur le port ou en ligne via des plateformes comme 12Go ou GetYourGuide.

Ce qu’on n’anticipe pas, c’est la suite. On arrive à Sanur pour une nuit de transit, et on repart trois jours plus tard, surpris d’y avoir trouvé ce qu’on cherchait depuis le début du voyage. La ville a cette discrétion-là : elle ne se vante pas, elle attend.

Où manger à Sanur : entre warungs locaux et restaurants vue mer

La rue Danau Tamblingan est l’artère principale de la vie gastronomique de Sanur. Elle concentre des dizaines d’adresses sur plusieurs kilomètres, du warung familial sans prétention aux restaurants avec terrasse et vue partielle sur les jardins. Le rapport qualité-prix est franchement plus honnête qu’à Seminyak ou Canggu. Un repas complet dans un warung, nasi goreng ou mie goreng avec jus de fruits frais, tourne autour de 3 à 5 euros. Sur le front de mer, les prix montent raisonnablement, sans atteindre les tarifs gonflés des plages voisines.

Pour les couchers de soleil, le front de mer côté ouest offre quelques terrasses qui valent le détour, avec un verre de jus d’ananas ou un bintang glacé. Côté saveurs locales, cherchez les warungs dans les ruelles perpendiculaires à Danau Tamblingan : c’est là que les habitants mangent, loin des cartes en anglais et des menus photo. On y trouve des spécialités balinaises comme le babi guling (cochon de lait rôti), le lawar (mélange de légumes et viande hachée) ou le sate lilit, à des prix qui n’ont rien à voir avec les adresses touristiques.

Où dormir à Sanur : le bon équilibre entre calme et praticité

Sanur propose une gamme d’hébergements qui couvre à peu près tous les profils de voyageurs, sans jamais basculer dans l’excès de luxe ou la platitude des grandes chaînes. Sur le front de mer, on trouve des hôtels de charme à taille humaine, souvent nichés dans des jardins tropicaux avec piscine, à des tarifs corrects pour la qualité proposée. Ce sont les adresses idéales pour les couples ou les voyageurs qui veulent le calme absolu avec accès direct à la promenade.

Pour un meilleur rapport qualité-prix, les guest houses dans les ruelles intérieures sont un choix très solide. Certaines sont des maisons balinaises rénovées, avec cour intérieure et petit-déjeuner inclus, pour 20 à 40 euros la nuit. Les familles avec enfants trouveront quant à elles leur bonheur du côté des villas avec piscine privée, nombreuses dans les quartiers résidentiels au sud de Danau Tamblingan. La zone nord, proche de Sindhu Beach, convient mieux à ceux qui souhaitent rester proches des commerces et restaurants.

Infos pratiques pour organiser son séjour à Sanur

Avant de boucler les valises, voici les données essentielles à avoir en tête. Pour la mobilité sur place, le vélo suffit largement pour explorer Sanur dans son ensemble. Pour les excursions vers les temples alentour ou les rizières de Gianyar, un scooter de location (autour de 5 euros par jour) offre bien plus de liberté.

CritèreInformations
Meilleure périodeSaison sèche de mai à octobre, avec un pic de fréquentation en juillet-août (Kite Festival inclus)
Accès depuis l’aéroportEnviron 25 minutes en taxi, pour un tarif estimé entre 10 et 15 euros selon la négociation ou le taxi fixe
Budget journalierEnviron 30 à 60 euros par personne (hébergement mid-range, repas locaux, activités légères)
Durée recommandée2 à 5 jours selon le rythme, davantage si vous combinez avec Nusa Penida ou Nusa Lembongan
Mobilité localeVélo pour Sanur, scooter de location pour explorer les environs
Fast boat Nusa Penida5 à 13 euros l’aller simple, départs de 7h30 à 15h30, traversée de 25 à 45 minutes

Sanur ne cherche pas à vous impressionner. Et c’est exactement pour ça qu’elle reste.

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