Le camping-car de sept mètres avance au pas sur une route en lacets, la mer scintille en contrebas. Au détour d’un virage, un panneau de ZTL s’impose, et la certitude s’installe : Vernazza, rêvée depuis le salon roulant, ne se visitera pas comme prévu. Rassurez-vous, le voyage reste magnifique, il demande simplement un autre plan. Nous vous expliquons ici où poser le véhicule, comment circuler d’un village à l’autre et dans quel ordre découvrir les cinq perles de Ligurie. Avec les tarifs relevés pour 2026, vous saurez à quoi vous attendre avant de tourner la clé.
Le camping-car n’entre pas dans les villages : voilà ce qu’il faut savoir avant de partir
Voici la règle, sans détour : aucun camping-car ne circule dans les villages des Cinque Terre. Les routes sont étroites, les accès contrôlés, et les rares parkings sont réservés en priorité aux résidents, donc vite saturés. Le camping libre est également interdit dans le parc national, qui ne propose aucune zone équipée pour les campeurs, comme le précise la FAQ de l’organisme gestionnaire.
Notre avis est tranché : le camping-car est un camp de base, jamais un moyen de visite. L’erreur la plus fréquente consiste à « tenter sa chance » jusqu’au bout de la route, pour finir par manœuvrer en marche arrière devant des scooters impatients. Autant le laisser ailleurs, et vous demander où exactement.
Où dormir et se garer : La Spezia, Levanto ou Monterosso ?
Trois points de chute reviennent sans cesse, tous reliés par le train régional. Les prix ci-dessous sont indicatifs, ils varient selon les sources, les saisons et les services inclus : vérifiez-les avant de partir.
| Lieu | Type de stationnement | Tarif indicatif | Accès au train | Point fort | Point faible |
|---|---|---|---|---|---|
| La Spezia (aire municipale) | Aire avec services, environ 36 places, vidéosurveillance | Environ 15 € par 24 h, électricité en supplément selon les avis | Gare de La Spezia Centrale | Le prix le plus doux | Bruit des boulevards voisins |
| Levanto (Moltedi et zone gare) | Aire réservée aux camping-cars, derrière la gare | 24 € les 12 h, 36 € les 24 h, 50 € les 36 h | Gare à environ 100 m | Pratique, vidange possible | Tarif élevé, places serrées |
| Monterosso (Fegina) | Parking en bord de mer | Environ 2 € de l’heure, 18 € les 24 h selon des témoignages | Gare de Monterosso à proximité | Premier village à portée de pied | Aucun service, saturation en été |
| Campings autour de Levanto | Emplacements avec services | Variable selon la saison | Navette ou courte marche jusqu’à la gare | Plus de calme et de confort | Réservation nécessaire en haute saison |
Notre préférence va à l’aire de La Spezia pour un séjour court et économe, même si le bruit demande des bouchons d’oreilles. Levanto grève le budget : 36 € la nuit pour un simple emplacement, c’est le double de ce qu’on attendrait. Et Monterosso séduit, mais le parking de bord de mer se remplit tôt.
Le bon plan : choisir son camp de base selon son style de voyage
Deux profils se dessinent. Le premier veut rentrer tôt, dormir au calme et repartir frais le lendemain : un camping ou une aire proche d’une gare lui convient. Le second cherche la simplicité à tout prix, quitte à payer plus : le parking en bord de mer lui évite les trajets, mais pas les foules.
Certains préfèrent déléguer la logistique, surtout pour un premier voyage en Italie. Dans ce cas, un circuit encadré peut valoir le détour : l’agence Thellier Voyages, spécialisée dans les voyages en camping-car, propose notamment les 5 Terres en camping-car. Reste à choisir, selon que vous aimez l’imprévu ou le programme réglé au cordeau.
Train, bateau, sentiers : comment passer d’un village à l’autre
Le train régional est le pilier de l’organisation. Il relie Levanto, les cinq villages et La Spezia en quelques minutes d’une gare à l’autre. La Cinque Terre Treno Card, valable un, deux ou trois jours, donne accès aux trains en 2e classe sur ce trajet et à tous les sentiers, Via dell’Amore comprise. En 2026, la carte d’un jour pour un adulte allait de 22 € à 35 € selon l’affluence, et elle doit être validée en gare avant de monter.
Le bateau offre l’angle que les routes ne donnent pas : les villages vus de la mer, accrochés à leur falaise. Les sentiers, eux, récompensent l’effort par des panoramas sans équivalent. En basse saison, du 2 novembre au 12 mars, les sentiers sont gratuits, à l’exception de la Via dell’Amore. Gardez en tête que les conditions changent, surtout après les alertes météo : consultez le site officiel du parc avant de partir.
Ce que beaucoup oublient, c’est le retour jusqu’au véhicule. Voici les erreurs de timing à éviter :
- Partir en randonnée sans vérifier l’horaire du dernier train.
- Oublier de valider la carte en gare avant l’embarquement.
- Sous-estimer la fatigue d’une journée de sentiers sous le soleil.
- Ne pas prévoir de solution de repli en cas de mer agitée ou de sentier fermé.
Les cinq villages vus depuis un camping-car : ordre de visite et ressenti
En partant de Levanto, on commence par Monterosso, la seule à posséder une vraie plage. C’est le village le plus accessible, donc le plus pratique pour une première approche. Vernazza suit : son petit port est l’image que tout le monde garde. Nous la trouvons magnifique, mais saturée dès le milieu de matinée.
Corniglia est la plus discrète, perchée sur un promontoire et reliée à la gare par une longue volée de marches. Elle demande de l’énergie, elle rend du calme. Manarola s’étire sur son rocher, avec cette vue sur les maisons colorées qui tapisse les réseaux sociaux. Riomaggiore ferme la boucle côté sud, ruelles en pente et ambiance de port de pêche.
Une contrainte pèse sur les grands véhicules : le parking de Rio Park, à Riomaggiore, n’accepte que les véhicules de moins de 1,95 m, donc pas votre camping-car. Les navettes locales prennent le relais pour les villages en hauteur. Depuis le sud, l’ordre s’inverse simplement.
Quand partir et comment éviter la foule avec un van ou un camping-car
Le printemps et le début de l’automne sont les meilleures fenêtres. L’été est brûlant, bondé, et les parkings se remplissent avant midi. Si vous pouvez choisir, visitez en semaine, et arrivez tôt : les premières heures du matin offrent des ruelles presque vides.
Une journée type pourrait ressembler à ceci : départ du camp de base vers 8 h, premier train pour le village le plus éloigné, puis retour en douceur d’une étape à l’autre, dernier arrêt en fin d’après-midi. Commencer par l’extrémité de la ligne permet de finir près du camping-car, quand la fatigue arrive. Si la pluie ou une mer agitée s’invite, privilégiez le train et les villages plutôt que les sentiers.
Avant de partir, vérifiez les informations officielles sur les règles du parc national des Cinque Terre : état des sentiers, billets et alertes météo y sont mis à jour régulièrement. Deux ou trois jours suffisent pour voir l’essentiel sans courir.
Ce que les autres guides oublient de dire
Une aire de service n’est pas un simple parking. L’une propose eau, vidange et parfois électricité, l’autre vous laisse seul avec vos réservoirs : mieux vaut remplir et vider avant d’arriver. Autre détail souvent négligé, l’arrivée tardive. Une place trouvée à 11 h en juillet relève du miracle, alors qu’une arrivée la veille au soir change tout.
Les tarifs, enfin, divergent d’une source à l’autre : Levanto est passé de 18 € à 36 € la journée selon l’époque des témoignages. Prévoyez une marge de budget, et gardez de la monnaie pour les horodateurs. Les Cinque Terre se méritent à pied, pas au volant.



